02 mars 2007
Europe : le programme de Nicolas SARKOZY

On dit souvent la question européenne « enterrée par les candidats » ou on la qualifie de « question annexe » : il n’est rien. En tout cas pas du côté de Nicolas SARKOZY.
Un redémarrage de l’Union Européenne
Pour le Président de l’UMP, il faut « permettre à l'Europe de redémarrer ». Loin de vouloir remettre en cause le vote des Français du 29 mai 2005, mais conscient qu’il n’y a pas de « plan B », Nicolas SARKOZY souhaite faire adopter un traité limité aux questions institutionnelles, pour permettre à l’Union Européenne de fonctionner. Il proposera ainsi la création d’un poste stable de Président de l'Union européenne et d’un poste de ministre des Affaires étrangères européen.
Egalement soucieux de concentrer l'action européenne sur des politiques concrètes, Nicolas SARKOZY veut engager des négociations avec nos partenaires européens sur tous les sujets où nous avons besoin de politiques globales : l’immigration, l’énergie, l’écologie, la politique industrielle ou encore la recherche biomédicale.
En réponse à ceux qui pensent que l’Europe nous freine, Nicolas SARKOZY répond en proposant de permettre aux pays qui veulent avancer plus vite de le faire, en développant des coopérations renforcées.
Parce que l’Europe n’est plus en mesure d’accueillir de nouveaux membres, Nicolas SARKOZY demande que soit stoppée toute nouvelle adhésion tant qu'aucune réforme institutionnelle n'a eu lieu. Il exige également un arrêt des négociations d'adhésion avec la Turquie et souhaite les réorienter vers la conclusion d'un partenariat stratégique.
Une Europe plus protectrice
Pour une Europe plus protectrice, Nicolas SARKOZY prône, à l'image de l'espace Schengen sur la circulation des personnes, la création d’un grand espace de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et de la lutte contre la criminalité organisée. Il consisterait en des échanges de fichiers et de renseignements, des règles pénales communes ou encore la création d’un poste de procureur européen.
Nicolas SARKOZY veut aussi créer une force d'intervention européenne de sécurité civile (« casques verts »).
La France, plus présente en Europe
Parce que l’Europe ne se fait pas sans les peuples, Nicolas SARKOZY veut renforcer le rôle des représentants des gouvernements nationaux, notamment dans la conduite de la politique monétaire européenne.
Il veut en outre renforcer le rôle du Parlement français dans la conduite de la politique européenne de la France. Cela passerait par la création de commissions permanentes au Parlement, par la communication de tout projet d'acte européen et par la mise en place d’un débat au Parlement avant et après chaque Conseil européen.
Nicolas SARKOZY veut par ailleurs garantir le principe de préférence communautaire, pour permettre à nos entreprises de consolider leurs positions avant de se lancer dans la conquête de marchés extérieurs. Il veut modifier la politique européenne de concurrence, pour ne pas empêcher la constitution de champions européens. Il demandera enfin à l'Union européenne de supprimer l'attribution de fonds structurels aux pays qui pratiquent le dumping fiscal ou social.
Impliquer les Français dans l’Europe
Très attaché à la jeunesse, Nicolas SARKOZY veut donner à chaque jeune la possibilité de faire un séjour prolongé dans un pays de l'Union dans le cadre de ses études. Il propose ainsi la généralisation des programmes Erasmus et Leonardo, l’augmentation des bourses de mobilité et le développement des prêts à taux zéro.
De plus, afin d’impliquer davantage les salariés Français dans l’Europe, Nicolas SARKOZY souhaite créer un dispositif européen de participation des salariés aux bénéfices des entreprises européennes. Cette mesure aura par ailleurs un impact positif sur le pouvoir d’achat des Français : une des priorités du candidat de l’UMP.
Nicolas SARKOZY : la bonne voie pour la bonne Europe
Entre une gauche qui prône un élargissement infini de l’UE (au nom de la solidarité) et une extrême droite qui veut « sortir de l’Europe », Nicolas SARKOZY propose une voie équilibrée.
Entre une gauche qui agite sans cesse l’épouvantail d’une Europe qui serait « ultra-libérale » et une extrême droite qui décrit l’Union Européenne comme un carcan qui étrangle la France, Nicolas SARKOZY propose de faire de l’Europe un espace de protection accrue et un véritable moteur pour la France.
Louis BAPTISTE
Commentaires
Je reprends ici la réponse que je vous ai faite suite à votre intervention sur mon blog
Je reprends ici la réponse que je vous ai faite suite à votre intervention sur mon blog :
Vous êtes un zélé adepte de Nicolas Sarkozy, oui, en effet, pourquoi pas?
Pour ma part, et tant qu'observateur étranger de la politique française, ce monsieur m'intrigue à plus d'un titre.
Sur la question européenne, il s'affirme européen convaincu et s'affiche "bushiste", tout en se déclarant "ami libre des USA". Cela me rappelle curieusement la position des dirigeants des néo-europens venus d'outre-rideau de fer, que Jacques Chirac a si rudement remis à leur place lors du début de la guerre d'Irak. Eux, je les comprends, ils attendent les subsides de Bruxelles mais leur coeur appartient aux USA.
Mais la France, la mère de l'Europe, coment peut-elle être atlantiste?
Remarquez que ceci est une des contradictions et des paradoxes outrageusement brandis par Nicolas Sarkozy, qui déclare tout et son contraire, qui s'allie au Diable et Bon Dieu, quise réclame de DeGaulle et de Mittérand, pourvu que cela lui rapporte des voix!
Rendez-vous le 6 mai 2007 à 20 heures! Les français risquent d'avoir une surprise aussi traumatisante que celle de 2002, sauf que le dindon de la farce ne sera pas celui qu'on pense!
Non, le Diondon de la farce ne sera pas Jospin cette fois, ce sera Royal ....
Sarkozy Européen ?
Petite question avant de répondre au pseudo programme européenne du chef de l'UMP : quel est le ministre qui n'a pas siégé au conseil européen des ministres depuis 2005 ? Réponse : le ministre de l'intérieur de la France, aujourd'hui candidat à l'Elysée qui se dit "Européen". Pourquoi cette absence ? Peut-être parce que ce candidat n'est pas si européen qu'il le prétend.
Je ne vois rien dans le projet soi-disant européen de Nicolas Sarkozy qui soit nouveau ou progressiste pour la citoyenneté européenne (laquelle existe théoriquement depuis 1992), la démocratie et l'efficacité économique et politique de l'UE.
Passons en revue ses "propositions" !
- M. Sarkozy veut un mini-traité. Mais pour quoi faire ? Avec quelle mécanique institutionnelle à 27 et demain 30 ? Un président et un ministre des affaires étrangères, d'accord mais sans gouvernement européen et sans une Europe fédérale, comment est-ce possible et quel poids ces deux statuts auront-ils ?
- Sur la Turquie, le partenariat stratégique existe déjà. Arrêter les négociations d'adhésion (lancées en 1973) ? Pour quels motifs ?
- Les négociations sur l'énergie, c'est ce qui se passe en ce moment... Faciliter le séjour des jeunes, ça existe aujourd'hui mais les universités qui proposent des Erasmus sont en perte de vitesse (alors que les dispositifs existent)..
- Pour les entreprises, le travail en réseaux innovants est porté au niveau européen via les PCRD (le programme cadre recherche et développement). 55 Milliards d'euros pour 2007/2013.. La France est à la traîne dans ce domaine. C'est un facteur de préférence communautaire et de développement de champions européens.
Je note toutefois une idée intéressante : renforcer le rôle du Parlement français dans la conduite de la politique européenne de la France.
Là-dessus ok ! Vous voyez, un centriste comme moi peut aussi reconnaître que M. Sarkozy sait s'inspirer des bonnes idées des autres en matière d'Europe...
LW
le "Plan T"
Un bon mot de P. Devedjan, lors d'une réunion UMP des Yvelines. Réagissant au fameux "Plan B" évoqué par les fossoyeurs français de la constitution, il a préféré évoquer le camouflet du "Plan T".
Et alors ? Pour une fois que de Villepin ne dit pas une connerie !
“Quelle démagogie ! Quelle petitesse ! Quelle vision étriquée ! Il va faire de la France une Belgique.”
Le danger avec une phrase sortie de son contexte, c'est qu'on peut lui faire dire n'importe quoi. C'est le cas ici. De Vilepin a tout à fait raison de critiquer les propos de Sarkozy.
Pour une fois qu'un premier ministre dit quelque chose de sensé !
Immédiatement, les belges bourés de complexes montent au créneau pour attaquer la France. C'est petit ! Lamentable ! Belge quoi !
Tous les jours la France est attaquée, critiquée, villipendée par ces glorieux "petit" belges sortis du tombeau"... Et personne ne dit rien. La xénophobie ordinaire anti-française ne dérange personne dans ce pays en voie d'évaporation.
Bravo à monsieur de Villepin !
La crise ne se règlera pas au Parlement!
La solution d'un mini-traité ratifié par le Parlement français est loin d'être une bonne solution:
1. Parce que rien ne dit que nos amis européens nous suivront. Nicolas Sarkozy n'est pas très connu du cercle européen. Il n'a pas l'envergure d'une Angela Merkel, d'un Romano Prodi ou même d'un Jacques Chirac dans les institutions européennes. Dès lors, il lui sera difficile d'imposer ses vues.
2. Parce qu'il veut une sortie de crise rapide. Or, quand on voit dans quelle situation est l'Europe, il est difficile de penser que deux ou trois mois suffiront à tout changer. Nous avons besoin de réfléchir, de nous positionner dans l'Europe: qu'en attendons-nous? etc.
3. Parce qu'il serait inadmissible que les Français ne donnent pas DIRECTEMENT leur avis sur le mini-traité. En 1954, le Parlement a rejeté le projet de Communauté Européenne de Défense. C'est ce même Parlement qui a ratifié le Traité de Rome en 1957. La crise était parlementaire, la solution l'a été tout autant. En 2005, le peuple français a rejeté le Traité établissant une Constitution pour l'Europe. La crise vient du peuple, la solution devra aussi émaner du peuple français.
Si le Parlement ratifiait le "mini-traité" dans le dos des Français, ce serait et un déni de démocratie et de légitimité pour le nouveau texte, et le meilleur moyen d'éloigner encore un peu plus les Français d'une Europe qu'ils jugent peu démocratique.
Je ne laisserai pas Nicolas Sarkozy faire cela!!!!!
Cordialement,
Nicolas Vinci
http://nicolasvincionline.blog.lemonde.fr/
L'europe en trompe-l'oeil de Sarkozy
Je vous conseille la lecture de mon dernier article sur mon blog "l'Europe dans la campagne"
http://catymi.blog.lemonde.fr/
article intitulé :"l'Europe en trompe-l'oeil du candidat sarkozy"
C'est bien de celà qu'il s'agit !
Cordialement,
Catherine
Un grand bravo pour votre ouverture
Bonsoir Louis,
Un grand bravo pour votre ouverture. A noter que du côté de Ségolène c'est plutôt la censure, celà a été le cas pour plusieurs de mes messages sur leurs blogs;
Alors vive le débat et la démocratie !
Mais bien sûr je soutiens Bayrou!
Cordialement,
Catherine
Tenez les fans de Sarko l'Européen (?) allez voir ce qu'on raconte sur votre champion à cette adresse :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/03/le_coming_out_e.html
J'adore ce passage : «Une Europe plus protectrice» (création d’un grand espace de la sécurité [...] Il consisterait en des échanges de fichiers et de renseignements)
Sarko parle-t-il ici du genre de méthodes qui ont si bien réussi au USA ?
Ah vraiment ce gars là me fait peur. Je ne parle même pas du fait qu'il veuille passer son projet de mini constitution (Projet que même Merkel ne souhaite pas) par une ratification au parlement... Vive la démocratie !
Bon, avant de vous laisser, petite question :
D'après Merkel et Prodi, quel est le plus Européen des candidats ? ;)
Et oui, c'est pas Sarko...
Vive l'Europe.
A Cyril :
Bravo cher ami pour ta propagande comparant Nicolas SARKOZY au double personnage « Docteur Jekyll / Mister Hyde ». C’est assez imagé et même presque amusant.
Plus sérieusement, ton torchon ne remet en rien en cause la validité des propositions de Nicolas SARKOZY. Sur le traité européen, il est le SEUL candidat à dire exactement ce qu’il veut faire… alors que ROYAL et BAYROU restent flous en disant « on fera un référendum dans 2 ans »… avec on ne sais pas quoi dedans !
Nicolas SARKOZY propose de faire voter par le parlement certains éléments institutionnels indispensables au fonctionnement de l’UE et ne remettant en rien en cause le 29 mai 2005.
A titre d’exemple : de nombreux sujets doivent aujourd’hui être votés à l’unanimité des pays membres pour être adoptés. Quand il y avait 15 pays, cette règle était encore tenable. Mais là, nous sommes 27 ! Et mettre 27 pays d’accord est quasiment impossible ! Résultat ? L’Europe est en panne et on ne peut plus rien faire.
Là-dessus, par exemple, Nicolas SARKOZY propose de voter un texte autorisant le vote à la majorité qualifiée dans certains domaines où la règle est aujourd’hui l’unanimité… je ne vois pas où cela serait anti-européen ou contraire à la volonté des Français…
Sur les échanges de renseignements : un mec qui aurait violé une femme en Allemagne devrait être un parfait inconnu pour la Police française ? Non, évidemment, et c’est tout le sens de la demande de Nicolas SARKOZY… qui est sur la même longueur d’onde là-dessus que les chefs d’Etats et de gouvernements des grands pays européens
Au lieu d’agiter ton argument puéril de « ce gars là il me fait peur », tu devrais lire un peu le programme de Nicolas SARKOZY, écouter ce qu’il dit et te rendre compte que ce qu’il propose, notamment sur l’Europe, relève plus du bon sens que de l’escroquerie.
Cordialement ;
Louis BAPTISTE
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