12 mars 2007
Voter François BAYROU, c’est condamner la France à 5 ans d’immobilisme

Il y a les déçus de la gauche...
Que de lendemains difficiles et de réveils douloureux pour
ceux qui ont un jour cru en la gauche. Cette gauche française, la plus en
retard d’Europe, qui a toujours prétendu détenir les monopoles de la justice,
de l’humanisme ou de la tolérance. Cette gauche qui n’a jamais osé entamer
de réformes, de peur de bousculer son électorat. Cette gauche enfin qui a
tant promis, et jamais rien réalisé.
Pour moi, le constat est clair : si la gauche revenait
au pouvoir, la France prendrait un retard qu’il ne nous serait plus possible de
combler. Le bilan des années JOSPIN a d’ailleurs été très illustratif
sur ce point : 5 ans de gouvernance... et 5 ans sans réforme. La gauche n’a
rien fait pour les retraites, l’assurance maladie, le travail… et la liste peut
s’allonger indéfiniment.
...Il y a les déçus de la droite...
La droite aussi connaît ses déçus, et personne ne le nie. Il y a ceux qui auraient voulu aller
plus vite, plus loin. Ceux qui pensent que la droite n’a pas assez réformé ou
n’a pas suffisamment baissé les charges qui pèsent sur le travail. Et il est
clair qu’il reste beaucoup à faire.
…et puis il y a François BAYROU
Alors François BAYROU arrive en héros libérateur,
comme un arbitre du duel gauche-droite, comme la solution de rechange. Mais
il se trompe lourdement et n’aura de cesse de décrédibiliser la politique en
montant deux camps l’un contre l’autre et en disant aux Français de voter
contre les partis qu’ils soutiennent habituellement. Alors que le PS et
l’UMP proposent des votes d’adhésion, à leurs projets respectifs, François
BAYROU propose un vote de rejet.
Cette stratégie purement personnelle est une impasse et
une illusion. Elle
fera beaucoup de déçus car elle laisse penser aux Français qu’il ne devrait
y avoir qu’un unique parti politique, bordé d’extrêmes. Les Français auraient
le même choix à chaque élection : soit voter pour LE parti démocratique, soit voter
pour les extrêmes... ce serait une situation très dangereuse pour notre
pays.
La France a besoin de la confrontation gauche-droite
Parce que la France est un pays équilibré, elle a
besoin ce cette bipolarité qui existe dans toutes les grandes démocraties : aux
Etats-Unis, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, etc.
L’honneur et l’intérêt de la politique, c’est de
confronter des projets, des visions différentes de l’avenir. Laisser croire aux gens que l’on
va mixer les projets de la gauche et de la droite pour en créer un troisième,
encore meilleur, c’est un mensonge. Qu’on y soit favorable ou opposé,
les projets du PS et de l’UMP sont des projets cohérents. Ils sont cohérents
car ils suivent chacun une logique : L’un basé sur une relance par l’interventionnisme
d’état, l’autre sur une relance par le travail et le pouvoir d’achat.
Tenter de mélanger les deux projets les dénature et crée une
sorte d’addition de mesures, sans cohérence aucune. Et c’est là qu’est
le risque de l’immobilisme. En effet, à vouloir contenter tout le monde, on
finit surtout par ne rien faire, histoire de ne vexer personne.
Il faut une majorité pour gouverner
Gouverner, c’est savoir trancher les grands sujets. Et là, lorsqu’il y a une vraie
différence entre la droite et la gauche, l’immobilisme est la seule réponse
pour celui qui ne veut se mettre personne à dos.
Par exemple, sur la réforme des retraites : Ségolène ROYAL
veut reculer (supprimer la loi Fillon) et Nicolas SARKOZY veut aller plus loin (réformer
les régimes spéciaux). Que ferait BAYROU ? Avancer ou reculer ? La réponse est
simple : il ne ferait rien, car il n’aurait aucune majorité claire pour aller dans une direction
ou dans l’autre. Résultat : l’immobilisme.
Quand on connaît les défis qui attendent la France et la nécessité
pour elle de se moderniser et d’adapter ses systèmes de santé, d’assurance chômage
ou de retraite, voter François BAYROU est une impasse. C’est le meilleur moyen d’accentuer
le retard de la France et de la faire décrocher du peloton de tête. Notre
pays vaut mieux que cela.
Il faut trancher les grands sujets
Le plus grand regret des Français vis-à-vis de l’élection
présidentielle de 2002
est que son second tour, pour le moins inattendu, n’a pas permis aux deux
candidats qualifiés de confronter leurs visions de la France. En effet, l’intérêt
d’un duel gauche-droite au second tour, c’est que les Français puissent voir se
confronter deux projets clairement différents, pour ensuite trancher en
conscience, en fonction des prises de positions sur les grands sujets de
société. Dire « je ferai un mixe des deux en faisant travailler tout le
monde ensemble », c’est mentir aux Français.
Louis BAPTISTE








