Opinion Politique

Blog de Louis BAPTISTE : actualité, débats et propositions politiques

30 avril 2007

Tractage dans le 15ème arrondissement

Samedi 28 avril 2007 : À l’occasion d’un tractage rue du Commerce, dans le 15ème arrondissement de Paris. Merci à mon pote Guilhem pour cette photo :-)

Tractage_rue_du_Commerce

Louis BAPTISTE

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Proportionnelle à l’Assemblée Nationale : Ségolène ROYAL se contredit

En meeting à Bercy, Nicolas SARKOZY a indiqué qu’il était prêt à « réunir toutes les forces politiques et à discuter avec elles de la possibilité d’introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée ». Nicolas SARKOZY a donc souhaité affirmer sa volonté d’ouverture et prolonger le projet législatif de l’UMP, qui prévoyait déjà une dose de proportionnelle au Sénat, en proposant cette fois-ci d’introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale.

Non loin de s’en féliciter, Ségolène ROYAL, qui propose pourtant elle aussi l’instauration d’une part de proportionnelle, a déclaré que Nicolas SARKOZY tentait une nouvelle « captation des voix du Front National ». Il est donc invraisemblable et choquant de voir la façon avec laquelle la candidate socialiste tente de diaboliser Nicolas SARKOZY. En effet, une proposition partagée par les deux candidats est signe d’ouverture et de justice quand elle est proposée par le PS et symbole de « drague des électeurs du FN » quand c’est Nicolas SARKOZY qui la porte !

Ces propos illustrent parfaitement le vide sidéral du projet de Ségolène ROYAL, sa haine envers son adversaire et son refus permanent de débattre des idées. En effet, pour les socialistes, une idée avancée par la droite est naturellement mauvaise... même s’ils la proposent aussi ! Belle leçon de ridicule.

Il ne sera enfin pas inutile de rappeler à Madame ROYAL que la disposition proposée par Nicolas SARKOZY, et qu’elle soutient aussi, bénéficierait à l’ensemble des « petits partis » et que ce sont les socialistes qui, en 1986, ont fait entrer le Front National au Parlement, par le système de proportionnelle intégrale. Le Président de la République s’appelait François MITTERRAND et sa collaboratrice n’était autre qu’une certaine Ségolène ROYAL. La mauvaise foi socialiste a encore de beaux jours devant elle.

Louis BAPTISTE

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29 avril 2007

Nicolas SARKOZY : « porte-parole du peuple français »

C’est dans l’enceinte du célèbre palais omnisport de Bercy que Nicolas SARKOZY tenait hier son dernier meeting parisien, une semaine avant le second tour de l’élection présidentielle. Ce premier « bilan de campagne » a été l’occasion pour Nicolas SARKOZY de revenir sur les grandes valeurs qu’il a défendues tout au long des ces mois pendant lesquels il a sillonné la France : le travail, le mérite, le respect.

Le candidat de l’UMP a aussi clairement démontré sa volonté d’ouverture. En présence de nombreux députés UDF, il a notamment proposé l’introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale et au Sénat, fait part de sa volonté de représenter tous les Français et rappelé que la diversité et la parité seraient les mots d’ordre de la création de sa future majorité présidentielle.

Il s’est enfin décrit comme étant dans le camp de la majorité silencieuse : celle qui travaille, celle qui paye toujours pour les autres, celle qui ne fraude pas. Nicolas SARKOZY l’a rappelé : il sera toujours dans le camp des victimes et des gens honnêtes, ne trouvant pas d’excuses aux délinquants et aux voyous, sans cesse victimisés par la gauche et son inégalable laxisme.

Louis BAPTISTE

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28 avril 2007

Vote par procuration : trouver une personnne pour voter

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27 avril 2007

Recherche : le programme de Nicolas SARKOZY

Recherche

Face au cynisme de la candidate socialiste qui ne pense qu’à dénigrer et diaboliser son adversaire de l’UMP pour contourner le débat de fond, les Jeunes de l’UMP prennent une posture radicalement opposée : parler du projet de Nicolas SARKOZY. Voici donc ses principales propositions en matière de recherche.

Faire évaluer tous les projets de recherche

La loi de programme du 18 avril 2006 a constitué un premier sursaut, en introduisant un élément indispensable à un renouveau de notre système de recherche. Il s’agit d’une évaluation indépendante de certains projets de recherche par le biais de l’Association des Editeurs de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) : une démarche que Nicolas SARKOZY s’engage à généraliser, pour assurer plus de transparence dans l’utilisation des fonds de l’Etat, l’avancement des projets et leur utilité.

Généraliser le financement par projets

Depuis 2006 également, la loi prévoit un financement selon une logique de projets, via l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Cette procédure ne concernant aujourd’hui que 6% des crédits publics de recherche, Nicolas SARKOZY souhaite l’appliquer de façon systématique à l’ensemble des projets de recherche : un moyen indispensable pour lutter contre le « saupoudrage financier » en concentrant l’aide publique. En outre, les crédits de la recherche augmenteront de 15 milliards d'euros, pour atteindre 3% du PIB en 2012.

Faire de l’enseignement supérieur une priorité absolue

Pour Nicolas SARKOZY, le développement de la recherche passe, en amont, par un investissement massif dans la formation. Il s’engage donc à donner à chaque jeune une formation qualifiante et à augmenter de 5 milliards d’euros les dépenses consacrées à l'enseignement supérieur d'ici 2012. Par ailleurs, au-delà d’une hausse des crédits de l’Etat, unique solution proposée par la gauche, le candidat UMP souhaite aussi un accompagnement structurel, avec des réformes de fond. Il veut par exemple donner une réelle autonomie aux universités, les associer davantage aux entreprises et aux laboratoires, valoriser leurs partenariats étrangers et les encourager à se spécialiser via des pôles d’excellence.

Encourager et motiver les personnels de recherche

S’il est élu, Nicolas SARKOZY s’engage aussi à revaloriser les carrières des enseignants et des chercheurs, grâce à des rémunérations plus élevées et davantage modulées selon le mérite. De même, il veut encourager les chercheurs, même jeunes, à prendre des responsabilités supplémentaires et à travailler dans des laboratoires mieux équipés.

Dynamiser le secteur privé

Alors que le secteur privé ne représente aujourd’hui que la moitié des dépenses nationales de recherche, l’objectif de Nicolas SARKOZY est qu'il en atteigne les deux tiers d'ici 2012. Il encouragera notamment l'innovation dans les PME, dont l'effort de recherche est proportionnellement le plus faible, en renforçant le crédit impôt-recherche, en leur réservant une partie des crédits publics de recherche et en ratifiant le protocole de Londres sur le brevet européen. Dans la continuité de la politique des pôles de compétitivité, à laquelle il a participé en tant que Ministre de l’Economie, Nicolas SARKOZY favorisera aussi les liens entre le secteur privé et les autres acteurs de l'innovation, afin d’accroître la circulation du savoir et de multiplier les créations d'entreprises issues du monde de la recherche. Il considérera par exemple comme zones franches fiscales les incubateurs d'entreprise dans les universités.

Veiller à l’éthique et à la transparence de notre recherche

Dans un souci de transparence, Nicolas SARKOZY veut renforcer le rôle du Parlement, notamment de l’opposition, dans la définition et la conduite des politiques publiques. Cela vaut évidemment pour la recherche, pour laquelle il souhaite la création d'un comité environnemental d'éthique, ayant la même crédibilité, la même notoriété et la même indépendance que le Comité national d'éthique. Cela devrait permettre de mieux concilier le principe de précaution et l'idéal de progrès, et cela garantira aux citoyens d’être mieux informés quant aux grandes questions posées par la recherche scientifique. Enfin, à l'université, les scientifiques auront un rôle central une fois les réformes achevées, notamment par leur participation beaucoup plus importante dans les conseils d'administration.

Réformer les grands organismes de recherche

Pour permettre à la recherche française de rivaliser avec ses concurrentes, plus dynamiques et autonomes, Nicolas SARKOZY veut transformer nos grands organismes de recherche en agences de moyens, chargées de sélectionner et financer des équipes de recherche pour des projets à durée déterminée.

Mettre la recherche française en tête

Si le projet de Nicolas SARKOZY est moderne et ambitieux, il est aussi responsable et très complet car il propose d’intervenir sur tous les aspects de la recherche : évaluation systématique et indépendante, généralisation du financement par projets, augmentation de l’aide publique, investissement massif dans la formation, revalorisation des carrières des enseignants et des chercheurs, encouragement du secteur privé, meilleure transparence, etc.

Parce qu’il a compris que la recherche et l’innovation sont une clé de la réussite et de la croissance française, et parce qu’il préfèrera toujours l’encouragement à l’assistance, Nicolas SARKOZY est le plus crédible pour présider la France, la moderniser et lui rendre le rang qu’elle mérite.

Louis BAPTISTE

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26 avril 2007

Edouard BALLADUR au Monde : "Choisir sans crainte Nicolas SARKOZY"

Le premier tour de l'élection présidentielle est passé. Son résultat est heureux : l'importance de la participation électorale, le recul des extrêmes, le succès des partis de gouvernement en témoignent. Nous voilà sortis de la confusion née de la multiplicité des candidatures à laquelle il faudra bien, un jour, porter remède. L'horizon s'est dégagé.

Le choix offert aux Français est clair : sortir enfin du conformisme social-démocrate et étatiste dont la droite et la gauche ont été prisonnières depuis tant d'années et inventer une politique nouvelle. La France doit être plus forte, sinon aucun des problèmes qui se posent à elle, dans les domaines de l'économie, de la société, de l'éducation, de la politique étrangère, ne sera résolu.

La France ne sera plus forte que grâce à une plus grande liberté, sous toutes ses formes, qui permettra à chacun d'exprimer son dynamisme, de réussir sa vie, et au pays de sortir de l'ornière.

La liberté n'est pas incompatible avec la justice. Au contraire, elle permet à la solidarité d'être plus réelle. L'une renforce l'autre. C'est affaire d'équilibre.

La liberté n'est pas incompatible avec la protection de ceux qui en ont besoin. Au contraire, c'est une obligation que la société a envers tous. Liberté et morale vont de pair. C'est affaire d'équilibre.

La liberté n'est pas incompatible avec le respect par tous des principes qui régissent la vie collective et du sens du devoir. Elle ne permet pas tout à quelques-uns, les contraintes de la vie en société s'imposent à tous. C'est affaire d'équilibre.

La liberté n'est pas incompatible avec un rôle accru de la France, aussi bien sur le plan européen que sur le plan international. Elle renforce les moyens de la France. Elle ne nuit pas à l'entente entre les peuples, tout au contraire.

Cette politique de liberté, politique nouvelle que la France n'a expérimentée qu'occasionnellement, et qu'elle a si longtemps répugné à mettre en oeuvre, est la seule possible au moment où nous devons retrouver nos forces, rassembler nos énergies, redevenir une grande nation exemplaire. Nicolas SARKOZY porte cet espoir. Il a su l'exprimer mieux que quiconque, avec clarté, avec courage, avec efficacité.

Faut-il redouter d'avoir à choisir ? La France serait-elle "coupée en deux" au prétexte qu'elle doit choisir entre deux politiques et deux candidats ? Ce serait avoir une singulière conception de la démocratie de penser qu'elle peut se satisfaire de l'à-peu-près, du vague, de la confusion. La démocratie, c'est le choix, et le choix ne peut exister qu'entre des projets cohérents.

Osons choisir, faisons-le sans crainte, sans réticence, avec confiance dans l'avenir.

Faisons-le avec la conviction qu'un choix clair ne signifie pas l'intolérance, ni le rejet d'autrui, ni le refus de rassembler toutes les énergies et toutes les bonnes volontés. Cette conception d'un choix à la fois lucide, généreux et ouvert, Nicolas SARKOZY en est le porteur.

Edouard BALLADUR

Ancien Premier Ministre, député de Paris, Président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale 

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25 avril 2007

Débat UMP – UDF

Lancement du blog « Le débat UMP-UDF » :

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(cliquer sur l'image pour accéder au site)

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24 avril 2007

Interview de Nicolas SARKOZY au Monde

Le Monde : Comment allez-vous vous adresser aux électeurs de François Bayrou ?

Nicolas SARKOZY : Les électeurs n'appartiennent pas davantage à François Bayrou qu'à Ségolène Royal, à Jean Marie Le Pen ou à Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas cette vision patrimoniale du corps électoral. Si tel était le cas, j'aurais du faire campagne non pas devant 44 millions d'électeurs, mais avec quatre personnes dans une pièce : Le Pen, Bayrou, Royal et moi. Ne réduisez pas les électeurs à leur choix d'un tour ! Ce qui a fonctionné au premier tour doit fonctionner au second. Je veux dire aux électeurs de gauche qui croient à l'ordre dans le mouvement, que je suis le candidat du mouvement alors que Ségolène Royal veut le statu quo. Aux électeurs du centre qui croient en l'Europe, je veux dire qu'un nouveau référendum tuerait l'Europe. Je leur dis également que je n'ai jamais cru à un parti unique de la droite et du centre. Dans la majorité présidentielle, il y aura un pôle UMP, et place pour un autre issu du centre qui pourra porter avec l'identité qui est la sienne les valeurs auxquelles il tient : celles de l'Europe, de l'ouverture sociale, d'une république exemplaire.

Le Monde : Avec ou sans François Bayrou ?

Nicolas SARKOZY : C'est à lui de choisir. Il a toujours été dans la majorité de droite et du centre. S'il change, c'est son droit, mais qu'il le dise à ses électeurs. Un troisième pôle s'ajoutera aux deux premiers, un pôle de gauche, auquel je ne demanderai pas de renier son engagement, mais qui se reconnaîtra dans la nécessité de faire bouger la france sur un contrat de gouvernement de cinq ans. Le travail que j'ai engagé avec Eric Besson ne s'arrête pas le 6 mai si je suis élu.

Le Monde : Quand et comment organisez-vous la constitution de ces pôles : avant le second tour ? Combien de circonscriptions réserverez-vous à l'UDF ?

Nicolas SARKOZY : Je ne rentre pas dans la négociation partisane. Je dis simplement que tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature, avant le 6 mai, sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité. L'UDF a toute sa place dans la majorité présidentielle. Je vais plus loin : ceux qui viendront de la gauche dans le cadre d'un contrat de gouvernement y auront également leur place.

Le Monde : Ferez-vous à l'UDF une offre de rééquilibrage au regard des 18 % obtenus par François Bayrou ?

Nicolas SARKOZY : On peut très bien en parler. C'est une discussion qu'auront les partis politiques au lendemain de l'élection présidentielle.

Le Monde : L'électorat de François Bayrou et de la gauche est demandeur de réformes institutionnelles. Proposez-vous de la proportionnelle et le vote des étrangers aux élections locales ?

Nicolas SARKOZY : Proposer aujourd'hui le vote des étrangers serait faire reculer le débat. Je dis non à la proportionnelle aux législatives, mais oui en ce qui concerne le Sénat. Si un jour il devait y avoir une ouverture à l'Assemblée nationale, cela ne pourrait se faire que par la suppression d'un certain nombre de postes de députés élus dans les circonscriptions. En revanche, je proposerai la ratification des principales nominations de fonctionnaires ou d'autorités par les commissions compétentes de l'Assemblée, afin qu'elles ne soient plus le produit de la connivence mais de la compétence. Je créerai un statut de l'opposition et, si je suis élu, je recevrai régulièrement les leaders de l'opposition. En outre, je ne serai pas choqué que la présidence de la commission des finances soit confiée à un élu de l'opposition.

Le Monde : Comment concilier cette ouverture avec le discours que vous tenez en direction des électeurs du Front national ?

Nicolas SARKOZY : Je m'inscris en faux sur la prétendue droitisation du débat politique. D'un candidat de la droite républicaine qui fait campagne sur le pouvoir d'achat et va dans les usines, on pourrait aussi bien dire qu'il va à gauche. Le pouvoir d'achat, c'était le thème du Parti communiste; les usines, celui de l'extrême gauche. Les ouvriers attendent de moi que je résolve le problème du pouvoir d'achat, que je lutte contre les délocalisations, que je pose le problème de la concurrence loyale, que j'affirme la préférence communautaire. Cela n'a rien à voir avec la droitisation. Bien sûr, j'ai parlé de l'identité et de l'immigration, mais tous les Français se sentent concernés. Et mon premier thème c'est le travail.

Le Monde : Avez-vous des valeurs communes avec le FN ?

Nicolas SARKOZY : Mes valeurs sont les valeurs de la république : travail, mérite récompense, fraternité, autorité, exigence, récompense. Vu ce qu'a dit Le Pen de moi dans la campagne, chacun comprend qu'il y a de très grandes différences entre nous. Il est allé jusqu'à dire que, pour être candidat à la présidence de la république, il fallait être issu de deux générations de Français. C'est le statut de 1940, celui de Pétain ! Mais je ne veux pas dire à quelqu'un qui a voté FN qu'il est un mauvais Français. Vous n'interdisez pas votre journal aux électeurs de M. Le Pen. Pourquoi ne devrai-je pas leur parler ?

Le Monde : Mais on vous accuse de reprendre ses idées…

Nicolas SARKOZY : En 2002, des centaines de milliers de gens ont manifesté aux cris de "Le Pen ne passera pas". Aujourd'hui, alors qu'il a perdu un million de voix, c'est contre moi qu'il faudrait manifester. Au fond, il y a toujours une part de l'opinion, notamment à gauche, qui considère illégitime ceux qui n'ont pas ses idées. Cela s'appelle le sectarisme. Mais le « tout sauf Sarko » est une construction médiatique parfaitement artificielle. Agiter cet argument c'est insulter les 11,5 millions personnes qui ont voté pour moi. C'est les présenter soit comme des attardés, soit comme des fascistes.

Le Monde : Sur le travail, comment promettre une hausse de pouvoir d'achat alors que la rigueur économique paraît nécessaire pour regagner de la compétitivité ?

Nicolas SARKOZY : Je ne veux pas une politique de sacrifices, car elle ne mène à rien. On ne réduit pas les déficits et l'endettement avec des sacrifices. Je veux une politique fondée sur l'effort et le travail, ce qui n'a rien à voir. Je veux augmenter la colonne recettes en donnant de la croissance à l'économie française, et réduire la colonne dépenses en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux. La bonne stratégie, c'est de passer de 2,2% à 3% de croissance.

Le Monde : Par une politique de l'offre ou de la demande ?

Nicolas SARKOZY : Quatre pays en Europe ont réalisé le plein emploi : la suède, l'Irlande, le Danemark, le Royaume-Uni. L'Espagne, de son côté, a divisé par deux son taux de chômage. Aucun n'a choisi la stratégie du partage du temps de travail, celle des 35 heures. Cette piste, je la ferme. Tous ont parié sur le travail. Je propose la réforme du service public de l'emploi; l'interdiction pour un chômeur de refuser plus de deux emplois correspondant à sa qualification; une activité minimum en échange d'un revenu social; la possibilité de travailler à temps partiel pour les retraités; la défiscalisation des heures supplémentaires et du travail des étudiants. La réponse des socialistes à la pauvreté, c'est la gratuité; la mienne, c'est le travail. C'est de l'offre ou de la demande ? Je ne sais pas. C'est du libéralisme ? Peu importe. En augmentant le volume de travail, on augmente le pouvoir d'achat des salariés, on remet du carburant dans l'économie et on dégage des marges pour réduire les déficits. Parallèlement, je veux engager puissamment le pays dans une politique d'investissements : TGV, ferroutage, autoroutes de la mer, fibre optique, numérique, université, recherche, innovation. On sacrifie toujours l'investissement au profit des dépenses de fonctionnement. Je ferai de toutes les universités des zones franches : les étudiants qui créeront une entreprise sur leur campus ne paieront pas d'impôt pendant cinq ans. Je mettrai le paquet sur une vraie politique industrielle dans une dizaine de secteurs ciblés. Le crédit d'impôt recherche sera porté à 100%. Je ne veux pas que se reproduise l'erreur commise à propos de la sidérurgie dans les années 1970. On a l'air malin aujourd'hui : on manque d'acier, les prix augmentent, et on est obligé de faire des courbettes aux Indiens pour en obtenir à bon prix.

Le Monde : Comment organiseriez-vous votre première semaine de président ?

Nicolas SARKOZY : Je proposerai, le premier jour, aux partenaires sociaux, quatre conférences pour septembre. La première portera sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Les entreprises auront deux ans pour la réaliser. Après, l'inspection du travail transmettra au parquet les cas de discrimination. Deuxième discussion : la flexisécurité, avec l'adoption du contrat de travail unique, le nouveau service public de l'emploi, la hausse des indemnisations des chômeurs, mais aussi la réduction de la durée de la procédure de licenciement. Troisième chantier, l'amélioration des conditions de travail et la lutte contre le stress. Enfin, la démocratie sociale, que j'aimerais renouveler comme on l'a fait pour la politique. Cela veut dire liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles, aide au financement des syndicats, sanctuarisation pendant quelques mois de la négociation entre partenaires sociaux, pour que le législateur n'intervienne qu'en cas d'échec. L'objectif est d'aboutir fin 2007.

Le Monde : Vous reportez la loi sur le service minimum ?

Nicolas SARKOZY : Si le ministre des transports et les syndicats se mettent d'accord, il n'y a pas besoin de loi. Sinon, il y aura un projet de loi dès l'été. En juillet, je proposerai l'instauration de peines planchers sévères pour les multirécidivistes. Les mineurs multirécidivistes entre 16 et 18 ans seront punis comme les majeurs. Je proposerai l'interdiction de la sortie de prison à tout délinquant sexuel qui ne se soumettrait pas à un traitement médical et à un système de pointage tous les quinze jours. Je souhaite la création d'un hôpital-prison dans chaque région : la prison n'est pas faite pour les gens atteints de maladies psychiatriques.

Le Monde : Et ensuite ?

Nicolas SARKOZY : Ma deuxième journée sera consacrée à la préparation d'un Grenelle de l'environnement, avec les ONG, les industriels et les partenaires sociaux, car je n'oppose pas l'écologie au social. Sur les OGM, je suis pour la recherche, mais, à ce stade, contre la production commerciale. Je prendrai les décisions après un débat transparent, éclairé par les scientifiques. Mais pas question de commencer par un moratoire sur les cultures en plein champ ! Ce serait fermer le débat. L'instauration d'une taxe sur le carbone et la création d'une fiscalité écologique seront à l'ordre du jour. J'aurai, à ce moment, annoncé les frontières du nouveau ministère du développement durable, qui intégrera l'eau, l'énergie, les transports.

Le Monde : Quel sera votre premier déplacement ?

Nicolas SARKOZY : C'est la suite de ma semaine. L'agenda sera européen, avec une première visite à Bruxelles et Berlin. Puis j'irai en Afrique. La question de l'immigration, du développement du continent et de la méditerranée est centrale. Je proposerai une union de la méditerranée, comme il y a eu, il y a soixante ans, la communauté européenne. C'est là que tout se joue : la guerre et la paix, la catastrophe environnementale ou non.

Le Monde : Comment organiseriez-vous votre calendrier européen ?

Nicolas SARKOZY : Il faut aller vite, parce qu'on a perdu trop de temps. Il faut régler les choses entre la présidence allemande de ce semestre et la présidence française en 2008. Concrètement, à la fin 2007, on se dote de nouvelles institutions, on engage les négociations sur la future PAC, on pose la question de la concurrence et de la préférence communautaire, on suspend tout élargissement à l'adoption de nouvelles institutions. Dans le même temps, j'engage avec Angela Merkel une discussion sur la refondation de l'axe franco-allemand et son contenu. Je veux porter un nouveau débat en Europe. Nous sommes tombés sur la tête. Nous sommes victimes d'un dumping social, environnemental, fiscal et monétaire. Comment voulez-vous qu'on s'en sorte ? Ne croyez-vous pas que c'est au président de la république d’engager le combat sur ces fronts ?

Le Monde : Vous n'avez pas d'accord avec vos partenaires, notamment Angela Merkel, et vous avez dû faire marche arrière sur la bce... 

Nicolas SARKOZY : Je n'ai pas fait marche arrière ! Je continuerai de poser le problème de la politique de la bce. J’ajoute que la france sera de retour sur la scène européenne. La situation va s'en trouver débloquée. Nous allons porter ces débats, et aussi celui de la moralisation du capitalisme financier, qui doit être traité au niveau européen. Pour la france, la loi interdira en 2007, les parachutes en or.

Le Monde : A chaque campagne, les hommes politiques promettent de modifier les règles européennes – Chirac en 1995, Jospin en 1997 –, mais rien ne se passe, car il n'y a pas de majorité en Europe ni d'accord avec l'Allemagne…

Nicolas SARKOZY : C'est faux. En 1995, le débat était franco-français avec la fracture sociale. En 1997, Jospin a proposé à contre-courant de travailler moins en gagnant plus. En 2002, il n'y a pas eu de débat du tout. Cette fois, la france a un atout formidable. Elle doit faire un effort pour débloquer la situation et en profiter pour mettre d'autres thèmes sur la table. Ce qui fait mal à l'Europe, c'est qu'il n'y a plus de débat, qu'avant même d'aller à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, des communiqués qui n'en finissent pas ont été négociés et sont d'autant plus longs qu'ils sont vides.

Le Monde : Sur la constitution européenne, Mme Royal et M. Bayrou disent qu'il faudra un référendum.

Nicolas SARKOZY : C'est une folie. La constitution préparée de façon excellente par Valéry Giscard d'Estaing est morte, parce que les Français ont dit non, et les Néerlandais aussi. Le rapport de forces en Europe ne permet pas d'avoir une nouvelle Constitution. Faire voter un nouveau référendum, c'est se mettre en situation de faire battre l'Europe et donc de la démanteler. C'est pourquoi je propose de la doter de quelques règles institutionnelles qui lui permettront de mieux fonctionner : un président, une règle de l'unanimité modifiée. Nul ne peut se voir imposer une décision contraire à ses intérêts vitaux, mais il ne faut pas qu'un pays puisse empêcher les autres d'avancer, comme c'est le cas sur la politique d'immigration.

Le Monde : A quel moment entrerez-vous à l'Elysée si vous êtes élu ?

Nicolas SARKOZY : Le calendrier doit être respecté. Le président de la république est élu jusqu'au 17 mai à 0 heure. Je n'imagine pas que la passation de pouvoir puisse se faire avant le 16. Qu'il y ait une dizaine de jours pour digérer la campagne et habiter la fonction présidentielle, cela ne me semble pas de trop.

Le Monde : Quel président voulez-vous être ?

Nicolas SARKOZY : Je rendrai compte de mon action et de mes grands choix devant les parlementaires une fois par an et je tiendrai régulièrement des conférences de presse pour rendre compte de l'état du pays et des résultats que j'aurai obtenus. Mon gouvernement ne dépassera pas 15 ministres qui seront évalués chaque année au regard de la lettre de mission qu'ils auront reçue. La nomination des secrétaires d'Etat interviendra après les élections législatives.

Le Monde : Y aura-t-il des ministres issus de l'immigration ?

Nicolas SARKOZY : Il pourrait même y avoir un président issu de l'immigration! Il y aura des surprises. J'irai assez loin dans l'ouverture politique et le renouvellement.

Le Monde : Le 2 mai, vous allez affronter une femme lors du débat télévisé, est-ce une difficulté supplémentaire ?

Nicolas SARKOZY : Ne réduisons pas Mme Royal à sa seule féminité! Elle est un responsable politique que je respecte et dont je respecte les convictions. Nous portons sur nos épaules la dignité du débat politique. Personnellement, je ne pose aucune condition à ce débat. Je ferai ce qu'on me demandera de faire.

Le Monde : Même un débat à l'américaine ?

Nicolas SARKOZY : Si elle le demande, je me dirai que, dans le fond, je suis moins américain qu'elle !

Propos recueillis par : Eric Fottorino, Patrick Jarreau, Arnaud Leparmentier et Philippe Ridet
Source : Le Monde 

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23 avril 2007

Les Jeunes populaires du 15eme dans le journal Métro !

Les_Jeunes_populaires_du_15eme_dans_Metro

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Résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle

Nombre d’inscrits : 44.474.519
Nombre de votants : 37.260.798 (taux de participation : 83,78%)
Nombre de non votants : 7.213.721 (taux d’abstention : 16,22%)

Votes exprimés : 36.724.845 (98,56% des votants)
Votes blancs ou nuls : 535.953 (1,44% des votants)

Nicolas SARKOZY : 11.450.302 voix (soit 31,18% des voix)
Ségolène ROYAL : 9.501.295 voix (soit 25,87% des voix)
François BAYROU : 6.820.914 voix (soit 18,57% des voix)
Jean-Marie LE PEN : 3.835.029 voix (soit 10,44% des voix)
Olivier BESANCENOT : 1.498.835 voix (soit 4,08% des voix)
Philippe de VILLIERS : 818.704 voix (soit 2,23% des voix)
Marie-George BUFFET : 707.327 voix (soit 1,93% des voix)
Dominique VOYNET : 576.758 voix (soit 1,57% des voix)
José BOVÉ : 483.076 voix (soit 1,32% des voix)
Arlette LAGUILLER : 488.119 voix (soit 1,33% des voix)
Frédéric NIHOUS : 420.775 voix (soit 1,15% des voix)
Gérard SCHIVARDI : 123.711 voix (soit 0,34% des voix)

Source : Ministère de l’Intérieur

Ministere_Interieur

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