23 juillet 2008
Quand opposition rime avec obstruction
Premier parti d’opposition depuis désormais plus de six ans, le Parti Socialiste français semble plus que jamais au fond du gouffre. Incapable de se réformer et de dépoussiérer son idéologie, il se ronge à présent dans les querelles intestines. Ce syndrome n’est pas unique au PS, mais il prend chez les socialistes une tournure particulièrement sinistre et dévastatrice.
Le fiasco de la réforme des institutions aura été l’une des grandes démonstrations de la stratégie socialiste. Faite d’obstruction, et non d’opposition. Quand l’opposition a pour rôle de contrer la Majorité en amendant ses projets ou en proposant des alternatives, l’obstruction consiste elle à opérer des blocages de principe. Et le PS est malheureusement incapable de sortir de cette dernière option.
Et que dire du lynchage de Jack LANG ? Quelle image cette lapidation médiatique donne-t-elle d’un parti prétendument démocratique, et qui aspire à gouverner un pays ? Que penser du PS lorsqu’il tombe dans ses exagérations profondément sectaires ?
La fin de l’ère HOLLANDE est belle et bien annoncée... et attendue. Un règne pathétique fait uniquement de défaites nationales et de victoires locales. Une époque totalement moyenâgeuse, et dont les socialistes auront bien du mal à sortir.
En fustigeant l’incapacité du PS à « s’abstraire d’une forme d’anti-sarkozysme pavlovien » qui « le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République », certains députés socialistes affichent quand même leur réalisme. Ils s’appellent Manuel VALLS, Gaëtan GORCE, Christophe CARESCHE ou encore Jean-Marie LE GUEN. On peut saluer leur lucidité. Dommage quand même qu’ils n’aient pas mis leur honnêteté en pratique en votant le texte proposé lundi à Versailles. L’histoire ne manquera pas de leur rappeler.
D’ici là, le PS devra se reconstruire, une fois encore. Espérons que François HOLLANDE tirera tous les enseignements de ses débâcles à répétition, et qu’il démissionnera rapidement afin de ne pas entraver une rénovation, certes longue et douloureuse, mais que tout le monde attend depuis bien longtemps.
Louis BAPTISTE
21 juillet 2008
La réforme des institutions adoptée à une voix !
Une voix. C’est donc ce qu’il aura manqué à la Gauche pour faire capoter un des principaux projets de réforme des institutions proposés depuis 1958. Mais rien n’y aura fait. Par 539 voix (538 étaient nécessaires), le texte issu de la Commission BALLADUR a donc été accepté par le Congrès de Versailles. Cette victoire n’est à mettre sur le compte d’aucun camp, d’aucun parti. Elle est une victoire pour la République, pour le Parlement et bien évidemment pour les Français.
La majorité ayant été obtenue d’un seul bulletin, chacun ne manquera pas d’y voir le sien... ou celui de tel ou tel. Nombreux sont d’ailleurs déjà les socialistes qui pointent Jack LANG comme « le responsable du vote de ce texte ». Il est en réalité un des seuls hommes politiques de Gauche à avoir voté par conviction personnelle, et non par fidélité envers la ligne anti-réformatrice de son parti. Sa loyauté l’honore.
Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous nous féliciter des avancées incontestables de ce texte. Il sera désormais la loi fondamentale qui régira nos institutions et les fera mieux fonctionner. C’est un progrès pour nous tous.
Louis BAPTISTE
Institutions : qui vote quoi ?
Pour être définitivement voté ce lundi, le texte de la réforme des institutions doit franchir la barre des 3/5 des suffrages exprimés des 906 parlementaires, c’est-à-dire recueillir 544 voix... Le compte y est-il ? Voyons qui vote quoi :
Le groupe UMP à l’Assemblée nationale (317 députés) devrait voter en très grande majorité en faveur de la réforme (moins de 10 voix devraient manquer à l’appel).
Le groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale (24 députés) devrait lui aussi voter « oui ».
Le groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l’Assemblée nationale (186 députés) a annoncé qu’il voterait « non »... à l’exception probablement de Jack LANG, membre du comité de réflexion sur la modernisation des institutions, qui votera « oui ».
Les députés du Parti radical de gauche (9 députés) et des divers gauche (2 députés) devrait se partager entre « oui » et « non ».
Le PCF (18 députés) votra -évidemment- « non ».
Les Verts (6 députés) s’opposeront également au texte.
Le MoDem (3 députés) votra « non » lui aussi... le contraire aurait d’ailleurs été étonnant de la part de François BAYROU.
Le Mouvement pour la France (MPF) votera contre.
Le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) votera contre.
Le groupe UMP au Sénat (159 sénateurs) votera très majoritairement en faveur de la réforme.
Le groupe Nouveau centre au Sénat (30 sénateurs) devrait globalement voter « oui ».
Le groupe PS au Sénat (95 sénateurs) devrait, sans suspens, voter contre dans son ensemble, sauf un sénateur du Sud-ouest.
Les 17 sénateurs RDSE (radicaux de droite et de gauche), devraient voter pour.
Enfin, le groupe CRC-PCF (23 sénateurs) votera contre le projet de réforme.
Total ? La plus grande incertitude...
Louis BAPTISTE
Institutions : les Français sont pour la réforme

Selon un récent sondage Ifop, les Français soutiennent massivement les grandes lignes de la réforme des institutions :
Obligation pour le gouvernement d’obtenir l’accord du Parlement pour prolonger une opération militaire au delà de six mois :
89% des Français y sont favorables.
Limitation à deux du nombre de mandats présidentiels :
86% des Français y sont favorables.
Saisine du Conseil constitutionnel par les citoyens :
86% des Français y sont favorables.
Référendum d’initiative populaire :
86% des Français y sont favorables.
Prise de parole du Chef de l'Etat devant le Parlement (réuni en Congrès) :
70% des Français y sont favorables.
Suppression du droit de grâce présidentiel (amnistie) :
63% des Français y sont favorables.
Une fois encore, les socialistes (sauf Jack LANG) feront donc barrage à une réforme massivement demandée par les Français... histoire de ne pas offrir de « succès » à Nicolas SARKOZY. On se demande en tout cas comment nos chers parlementaires de Gauche feront pour justifier auprès de leurs électeurs qu’ils ont refusé de telles avancées...
Louis BAPTISTE
16 juillet 2008
Institutions : interview de Nicolas SARKOZY dans Le Monde

Le Monde : L’instauration aux élections régionales d’une proportionnelle à un tour avec prime majoritaire à la liste arrivée en tête, au lieu d’un scrutin de liste à deux tours, a été évoquée à plusieurs reprises dans la majorité, à commencer par François FILLON. Comptez-vous modifier le mode de scrutin régional ?
Nicolas SARKOZY : Je propose de garder le mode de scrutin aux régionales, sauf si nous arrivions à trouver un consensus pour modifier les différents échelons administratifs français. Les régionales auront lieu en juin 2010 ; je pense que 2009 doit être l’occasion d’une réflexion, d’un débat et d’une concertation approfondis sur la question des communes, des communautés de communes, des départements et des régions. Soit on arrive à mener une réforme des niveaux administratifs : dans ce cas-là, il sera légitime d’avoir une réforme des modes de scrutin. Soit on n’y arrive pas : dans ce cas-là, il ne sera pas légitime de les réformer. La question des modes de scrutin sera fonction de ce qu’on aura réussi ou non à faire.
Le Monde : Et pour les élections européennes ?
Nicolas SARKOZY : Ce n’est pas raisonnable. On ne sait même pas comment les européennes se passeront : est-ce que ce sera selon les modalités du traité de Nice ou celles du traité de Lisbonne ? On ne connaît pas le nombre de députés que nous aurons. Lancer une réforme du mode de scrutin serait ridicule. Je vous confirme que le mode de scrutin pour les européennes ne changera pas.
Le Monde : Trouvez-vous normal que les sénateurs verrouillent la composition de leur collège électoral ?
Nicolas SARKOZY : Si les socialistes avaient voulu faire une réforme, il ne fallait pas qu’ils se gênent pour la faire. Ils ont eu deux septennats de François Mitterrand et cinq ans avec Lionel Jospin. Je ne comprends pas comment des gens qui ont été aussi longtemps au pouvoir durant ces trente dernières années n’ont rien réformé sur ce point.
Le Monde : Parce qu’une réforme du Sénat ne peut se faire sans l’accord du Sénat lui-même, où la droite est demeurée majoritaire sans interruption.
Nicolas SARKOZY : En effet ! Une réforme de la Constitution a aussi besoin de l’accord de l’opposition. Cela ne m’empêche pas de la proposer. Chacun sait que j’aurais souhaité aller un peu plus loin sur la réforme du Sénat. Cela n’a pas été possible, mais il y a des sénateurs ouverts à l’idée d’une réforme - je pense au sénateur Henri de Raincourt -, et je sais qu’il envisage de présenter la proposition de loi qu’il avait déjà déposée en 1999 sur le collège électoral. Cela me paraît être une proposition raisonnable.
Le Monde : Vous avez accordé aux centristes le fait que le pluralisme soit « garanti » par la Constitution. Comptez-vous introduire une dose de proportionnelle dans une future loi électorale ?
Nicolas SARKOZY : Je n’ai pas « accordé » aux centristes : cela s’est fait dans un dialogue républicain. Qui peut nier que le pluralisme existe ? La réalité est que la proportionnelle occupe déjà une grande place dans nos modes de scrutin. Les régionales sont à la proportionnelle, les municipales sont à la proportionnelle et la moitié des sénateurs sont élus à la proportionnelle.
Source : Le Monde
11 juillet 2008
Classement des régions : l’Ile-de-France avant-dernière

L’agence de notation Public Evaluation System (PES) vient de publier un classement sur la gestion des régions françaises. L’Ile-de-France se classe 21ème sur 22, occupant ainsi l’avant-dernière place !
La gestion socialiste de la région (avec plus de 60% de hausse des impôts régionaux depuis 2004 une dette qui s’est accrue de 25% en quatre ans) est plus que jamais sur la sellette. J’espère que les prochaines élections régionales mettront un terme à tant de gâchis.
Louis BAPTISTE
Europe : l'avenir passe par la Méditerranée, par Bernard KOUCHNER

En politique, les plus grandes idées sont souvent les plus simples ; ce sont celles qui trouvent écho dans l'âme des peuples, dans l'histoire, dans le rêve partagé. L'union de l'Europe, la rencontre des cultures et des religions, la construction d'un ordre international fondé sur la paix et le droit, la solidarité : chacune de ces utopies réalisées est née d'un rêve ancien.
Le projet d'Union pour la Méditerranée lancé par le président de la République au lendemain de son élection relève de la même vision. L'idée est évidente : réconcilier enfin les deux rives de cette mer, unies et déchirées par mille soubresauts de l'histoire, aujourd'hui confrontées aux mêmes espérances et aux mêmes dangers. L'idée est évidente et c'est là sa grandeur.
La Méditerranée est au coeur de toutes les grandes problématiques de ce début de siècle. Développement, migrations, paix, dialogue des civilisations, accès à l'eau et à l'énergie, environnement, changement climatique : c'est au sud de l'Europe que notre avenir se joue.
L'idée est évidente, mais elle fut longue à mettre en place. Dès 1995, le processus lancé à Barcelone apportait une première réponse. Ses acquis sont loin d'être négligeables, mais il ne répondait plus aux attentes et donnait l'impression d'avoir été confisqué par les Européens. Près de quinze ans plus tard, l'Europe n'a pas encore pris la mesure de sa rive sud. C'est pourquoi nous avons, depuis un an, multiplié les initiatives auprès de tous nos partenaires, au Nord comme à l'Est et au Sud de cette mer commune.
Toute la diplomatie française a été mobilisée. Les obstacles furent légion. Il fallut convaincre nos partenaires espagnol et italien que la France ne faisait pas table rase du Processus de Barcelone mais souhaitait au contraire le relancer ; nous nous y sommes employés dès les premiers jours, à Rome comme à Portoroz lors de la rencontre des dix Européens de la Méditerranée. Convaincre l'Allemagne que ce projet n'était pas tourné contre l'Europe ; ce fut l'accord d'Hanovre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy reconnaissant une évidence : le Sud, comme la France, a besoin d'Europe. Convaincre la Turquie que cette ambition ne se substituait pas au souhait d'Ankara d'adhérer un jour à l'Union européenne. Convaincre les pays du sud que nous n'allions pas imposer un modèle exclusif, mais proposer un partenariat équilibré. Il fallut rappeler que la présence d'Israël était naturelle. Il fallut enfin faire partager à tous un projet de paix ; c'est ce que je me suis efforcé de faire jour après jour et lors de la réunion du Forum méditerranéen d'Alger en juin. Parce qu'elles sont les plus simples, les plus grandes idées sont souvent les plus difficiles à faire accepter. Ce fut tout le mérite de notre diplomatie.
Cette année de concertation a enrichi le projet d'Union pour la Méditerranée des suggestions de chacun. Il est aujourd'hui plus fort, mieux partagé. Pour la première fois de l'histoire de la Méditerranée, une quarantaine de pays de l'Union européenne et de la Méditerranée se rassemblent le 13 juillet à Paris au plus haut niveau, représentés par leur chef d'Etat ou de gouvernement. Pour qui connaît les ressentiments de ces peuples enchevêtrés, cette rencontre est déjà un succès historique.
L'histoire à nouveau s'élance. Elle est portée par le nouvel et encore fragile espoir de paix qui se dessine. L'accord de Doha sur le Liban obtenu grâce à la médiation du Qatar et de la Ligue arabe, sur la base du plan en trois points présenté par la France, après mes nombreuses missions à Beyrouth, en constitue le meilleur exemple. Il faudrait aussi citer la trêve à Gaza sous l'égide de l'Egypte, les pourparlers israélo-syriens grâce à la médiation turque, ou les échanges humanitaires entre Israël et le Hezbollah. Il faut que cet élan se poursuive, que la vie quotidienne des Palestiniens change enfin - leur détresse n'est plus supportable - et que la négociation lancée à Annapolis entre Ehud Olmert et Abou Mazen aboutisse pour faire taire le scepticisme grandissant. La conférence de Paris sur l'Etat palestinien fut un succès mais l'essai doit être transformé. La France entend s'y employer activement lors du sommet et en faire une des priorités de sa présidence européenne car le processus de paix est menacé. L'Union Européenne doit jouer sans complexe tout le rôle qui lui revient au Proche-Orient. Ce sommet se veut celui de la paix entre tous les Méditerranéens.
L'histoire demandera du temps. Rien ne sera fini le 13 juillet au soir. Mais l'UPM sera déjà lancée autour de trois principes : une impulsion au plus haut niveau avec des sommets tous les deux ans ; un partenariat, avec un secrétariat et une présidence paritaires entre le nord et le sud ; une priorité aux projets concrets, qu'ils soient écologiques ou éducatifs, qu'ils s'attachent aux entreprises ou à la sécurité, qu'ils visent le dialogue des cultures ou une meilleure gestion des migrations. C'est sans doute l'originalité la plus forte de cette Union : la priorité accordée à l'action, aux projets, dont chacun pourra mesurer l'effet réel. Je suis confiant, de très belles initiatives privées ont déjà vu le jour.
Quelle ambition plus noble que de faire de la Méditerranée une des mers les plus propres du monde ? Quelle ambition plus haute que de nous rassembler autour de notre histoire, de partager nos cultures en favorisant les échanges d'étudiants dans le cadre d'un Erasmus méditerranéen, de multiplier les échanges d'universitaires et de scientifiques ? De travailler à un plan solaire méditerranéen pour améliorer l'accès à l'énergie des populations du Sud ? D'aider les PME du Nord et du Sud à investir en Méditerranée et à y créer des emplois ? De mieux mutualiser nos moyens de protection civile face aux catastrophes naturelles ? De développer des autoroutes maritimes pour mieux relier Méditerranée orientale et occidentale ? Cent autres projets sont possibles et réalisables.
Avec eux, avec l'ensemble des Etats partenaires, avec les organisations internationales concernées, Union européenne et Union africaine notamment, et avec l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, il nous faudra continuer à innover, trouver des idées et des financements, inventer des projets. Il nous faudra penser en grand, associer toutes les bonnes volontés des pays du Golfe jusqu'à l'Afrique. Il nous faudra surtout agir sur le terrain, au niveau le plus local, avec des projets adaptés aux besoins des populations. Soyons à la hauteur de cette ambition historique, soyons généreux, solidaires, inventifs. Nous sommes tous des Méditerranéens de coeur et de paix.
Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
Source : Le Monde, jeudi 10 juillet 2008
Des tours à Paris ? Réaction de Jean-François LAMOUR

Intervention de Jean-François LAMOUR, Ancien Ministre, Député de Paris, Président du Groupe UMPPA au Conseil de Paris
Conseil de Paris 7-8 juillet 2008
« Monsieur le Maire, vous souhaitez un débat sans caricature, ouvert et constructif. Il le sera, mais sans naïveté ni complaisance. L’avenir de Paris se joue à vous lire, sur la question de l’évolution du paysage urbain. Ou plus exactement, sur celle du déplafonnement des hauteurs règlementaires. Car c’est bien au vertical que se résume l’essentiel des nouvelles formes urbaines que vous proposez. En ces vingt pages d’exposé, on cherche en vain d’autres références que le dépassement du plafond actuel des hauteurs. Une première réflexion s’impose : si l’avenir de Paris dépend si fortement de ce dépassement, pourquoi ne pas en avoir assumé la décision il y a deux ans, lors du vote du PLU ? Faut-il en conclure que l’union de la majorité municipale valait bien alors le sacrifice du futur ? Il est vrai que depuis, les élections sont passées, apportant une nouvelle configuration au sein de votre majorité. Il est vrai également que le Président de la République a depuis lancé une consultation internationale pour l’avenir du Paris métropolitain. Je me souviens que lors d’un précédent Conseil, votre adjoint Pierre Mansat, membre avec Mme Hidalgo du comité de pilotage, précisait que cette initiative était « tout, sauf une simple consultation d’architectes » Je suis d’accord avec lui. Il s’agit en effet d’un processus de recherche collective mobilisant une dizaine d’équipes pluridisciplinaires qui aurait pu inspirer votre démarche. Monsieur le Maire, vous nous assurez, qu’en adoptant cet article de dix lignes, Paris jouera « pleinement son rôle dans la civilisation urbaine en devenir ». Pour le présent, ce qui est plus certain, c’est votre désir d’en tirer un bénéfice médiatique maximal. Car cette délibération mêle deux problématiques qui n’ont rie à voir l’une avec l’autre, l’aménagement des dernières emprises potentielles aux Portes de Paris où sont susceptibles d’être construits des IGH et la réalisation d’immeubles de 50 mètres sur l’ensemble de la couronne parisienne. Monsieur le Maire, je vous le dis très clairement, quand vos représentants seront devant les Parisiens pour leur expliquer la réalisation d’immeubles de logement de 50 mètres, nous serons là. Nous défendrons les principes de l’équilibre et de l’animation des quartiers, nous défendrons l’aspiration des habitants à une qualité de vie et de confort car c’est pour eux que l’on construit.
La construction en hauteur est en fait pour vous l’artifice miraculeux, permettant de pallier la carence de votre précédente mandature en matière de création de logements sociaux. Acheter des immeubles occupés, brider la construction privée ne pouvaient que susciter l’augmentation de la demande privée ou sociale. C’est ce qui s’est produit. Réduire le coefficient d’occupation des sols comme vous l’avez décidé, était une option contraire aux principes du développement durable et de la ville dense. Il est regrettable que vous n’ayez pas écouté au moment de l’adoption du PLU, tous ceux qui mettaient en garde contre une telle mesure. Mais surtout, ne dîtes pas que vous défendez là une nouvelle forme urbaine ; non, vous préconisez tout simplement le retour à l’urbanisme banni des années 60. Partout on démolit de tels bâtiments. Certes, on peut accuser l’urbanisme sur dalle d’être responsable de leurs dysfonctionnements. Mais cette explication n’est pas la seule ; à Paris, comme ailleurs, on détruit des immeubles hauts, réalisés en pleine terre parce que tout simplement, ils cumulent les phénomènes d’isolement et d’insécurité. Il ne suffira pas d’enrober le principe du déplafonnement de concepts architecturaux pour s’assurer que les immeubles à venir seront humainement réussis, parfaitement intégrés dans leur tissu environnant. Monsieur le Maire, quel que soit le quartier, il y aura auprès des Parisiens des élus de l’opposition et, je le crois aussi, des élus de votre majorité, déterminés à combattre l’idée d’une construction de la facilité, d’une prime donnée à la quantité sur la qualité. Quant à l’autre grand sujet de la délibération : l’élaboration ou le développement urbain de sites aux portes de Paris qui, selon l’article du projet que je cite « pourront comprendre des immeubles de logement jusqu’à 50 mètres et/ou des immeubles de grande hauteur, il s’agit, parlons clairement, d’en optimiser le foncier. Nous sommes tous ici à peu près convaincus de deux choses. D’une part que Paris n’est pas achevée ni dans son aménagement, ni dans son paysage architectural. Et d’autre part, que ces dernières grandes emprises disponibles aux portes de Paris offrent l’opportunité de créer de nouvelles centralités susceptibles d’effacer les fractures entre Paris et ses voisines. Mais nous aurions aimé que cette délibération soit autre chose qu’un inventaire de sites avec en dénominateur commun, la recherche de gains de constructibilité. Nous aurions aimé trouver une vision globale pour Paris qui envisage la Capitale comme le centre d’une agglomération et qui ambitionne de définir des projets stratégiques susceptibles de prendre naissance sur ces territoires en jonction. A défaut de cette dimension, nous devons nous contenter d’une réflexion sur le déplafonnement des hauteurs. Certes, elle prend sur ces territoires un sens. L’option de réaliser des IGH, de notre avis doit s’inscrire dans un projet urbain où le dynamisme et la modernité qu’ils incarnent, seront au service de l’attractivité du Paris métropolitain.
C’est la raison pour laquelle sur ce point, comme le signale notre amendement que je considère comme présenté, nous approuvons le lancement d’études sous les conditions suivantes : - les IGH susceptibles d’être réalisés seront dédiés principalement à l’activité économique et aux grands équipements. Je relève à cet égard que la délibération ne reprend pas la conclusion d’un des spécialistes auditionnés dans le cadre du groupe de travail sur les hauteurs, de donner la préférence, non à des tours isolées, mais à un quartier de tours. Les investisseurs dans l’immobilier de bureaux, sensibles aux données du marché, ne s’engageront pas dans la construction d’une tour isolée, si celle-ci n’est pas programmée dans une masse critique à l’intérieur d’un vaste espace public et dans une zone d’aménagement associant Paris à différentes communes. - les études éclaireront les choix de localisation au regard de l’existence effective de réseaux de transports en commun et vérifieront la compatibilité des IGH avec les exigences du Grenelle de l’environnement. Par ailleurs, nous nous interrogeons sur le levier financier attendu de cette optimisation foncière et immobilière. Est-ce conforme à un développement raisonné que de porter sur le secteur Montreuil, le projet initial de réalisation de 110.000 m2 à 170.000m2 sa constructibilité globale. Ce quartier ancien classé en GPRU mérite un renouvellement, une valorisation mais pas à n’importe quel prix. Pour conclure, Monsieur le Maire, je vous dirai qu’il y a un obstacle plus difficile à surmonter que le vote en Conseil de Paris: c’est le sentiment des Parisiens dont on connaît la réticence au principe du déplafonnement. Or, rien dans vos propositions ne garantit l’organisation d’un véritable débat public, ni la prise en compte de l’avis des Parisiens et des différents partenaires économiques et sociaux. La participation et la perception des habitants, à l’échelle des quartiers sont des données aussi essentielles qu’une information fournie par des spécialistes dans des ateliers thématiques au public restreint. Entendons nous bien, vous avez un pouvoir décisionnel que nous ne contestons pas. Il est en revanche de notre rôle de déterminer si le processus lancé relève de la consultation, de la pédagogie, du monologue ou de l’alibi ? Sans polémiquer, on peut même s’interroger sur la finalité du dialogue proposé: a-t-il d’autres vertus que la validation de choix déjà programmés. Tous ceux qui ont en mémoire, le questionnaire du PLU se souviennent qu’entre les secrets liés à sa fabrication et la formulation des questions, la démocratie, qu’elle soit représentative ou participative n’y a pas trouvé son compte. Cela ne doit pas se reproduire. L’avenir du visage de Paris mérite beaucoup mieux ».
Jean-François LAMOUR
Des tours à Paris ? Réaction de Philippe GOUJON

Intervention de Philippe GOUJON, Député-Maire du 15ème arrondissement
Conseil de Paris 7-8 juillet 2008
« Mes chers collègues, par ce projet de délibération, nous engageons une réflexion essentielle s’agissant du renouvellement urbain, des transformations urbanistiques et de la question des hauteurs dans la capitale. Ce débat est très important pour l’avenir, mais aussi pour le 15ème car l’architecture fait partie intégrante de notre identité. Je tiens à dire aussitôt que, pour moi, ce débat serait faussé s’il se réduisait à un débat pour ou contre les tours. Le choix n’est pas là, mais il s’agit de tenir compte de l’ensemble des facteurs qui fondent le développement de la Ville, c’est à dire l’insertion urbaine, l’organisation des transports, la flexibilité des usagers dans le temps, l’articulation des projets avec les territoires voisins dans une logique de dynamique urbaine à l’échelle de l’agglomération, mais aussi l’exemplarité en matière de HQE et de consommation énergétique à l’image du concept de tour Hypergreen de Jacques Ferrier qui cible à la fois la nécessité de préserver l’environnement et l’énergie. Le développement durable doit en effet être au coeur de la question du renouvellement urbain. Si la performance énergétique des bâtiments est essentielle, il faut aussi réussir l’intégration des immeubles de grande hauteur dans une ville haussmannienne et appréhender un traitement harmonieux des usages et des fonctions : bureaux, logements éventuels, parkings, transports en commun, développement de commerces de proximité. Il s’agit donc d’un challenge de haut niveau qui consiste à coupler qualité architecturale et qualité de vie, avec des immeubles à la fois accueillants et performants; tout en assurant une continuité urbaine. Et la difficulté complémentaire, troublant notre rapport aux tours, est le traumatisme provoqué dans le 15ème par la Tour Montparnasse et celles du Front de Seine qui sont des contre-exemples et le type même de ce qu’il ne faut plus faire. Une Tour Montparnasse entièrement désolidarisée de son environnement et plantée, solitaire, en plein coeur d’un quartier traditionnel et homogène du Paris haussmannien. Quant à l’échec de l’urbanisme sur dalle du Front de Seine, générateur de surcroît de multiples nuisances et de complexité de gestion, il est patent et reconnu de tous. Il est encore aggravé par le manque d’entretien de l’ouvrage dalle que la SEMEA 15 a laissé se dégrader durant toute la précédente mandature.
Heureusement, les travaux commencent enfin !
Ces « échecs » du passé qui ont défiguré note ville doivent nous servir de leçons en nous incitant à rénover notre manière de penser l’urbanisme en hauteur. Nous avons à notre disposition aujourd’hui les moyens de ne pas reproduire les mêmes erreurs, d’intégrer les constructions à leur environnement, de prévoir ainsi les aménagements nécessaires et une meilleure gestion des coûts. S’agissant plus précisément du 15ème, je retiens l’engagement de Mme HIDALGO selon lequel, notre arrondissement n’est pas concerné par la réalisation d’immeubles de logements de 50m. Pour davantage de garantie, nous avons voté un amendement en ce sens, tant nous pensons que pour le 15ème, comme ailleurs, les immeubles de 15 étages de logements sociaux ne fonctionnent pas bien, la verticalité n’étant pas de nature à favoriser la convivialité. J’ajoute que le 15ème n’a pas de leçon à recevoir en matière de logement social avec ses 30% de logements sociaux dans les quartiers Javel et Saint Lambert visés par la délibération et ses 17.000 logements sociaux, c’est à dire un pourcentage de 15% SRU, bien plus élevé que par exemple les 10ème, 11ème ou 9ème qui n’en compte que 4%. Si la construction en hauteur ne nous semble pas une bonne réponse, en revanche, nous sommes favorables aux programmes de logements sociaux « à visage humain » et nous avons voté tous ceux qui nous ont été soumis depuis le début de la mandature. La nature même de la concertation telle qu’elle sera engagée impliquant les habitants, les élus, les associations, les institutions, les professionnels, sera déterminante pour éclairer les enjeux en les débarrassant des fantasmes que peut générer l’urbanisme des tours. Pour le 15ème donc, l’implantation d’une tour dans l’enceinte du Parc des Expositions, comme il nous est proposé, parait appropriée, tout particulièrement pour y édifier un hôtel de 3 à 400 chambres et des bureaux liés à l’activité des salons, comme par exemple, une pépinière de salons ou un centre de congrès. En effet, sur ce secteur à la lisière de Paris, à la frange d’Issy-les-Moulineaux sont déjà concentrées : la Tour de la Direction Générale de l’armement, les tours situées à Issy-les-Moulineaux dont la future Tour Mozart, sans même évoquer le regroupement des Etats Majors à Balard et le type de construction qui les accueillera : on s’orienterait ainsi vers un ensemble de tours, nettement plus harmonieux, s’il est réussi, qu’une tour isolée, selon les urbanistes. Ne négligeons pas non plus la nécessite de restructurer le site de Paris expo, confronté à une concurrence internationale acharnée, en recul malgré sa récente fusion avec Villepinte et l’obligation que nous avons de renforcer l’attractivité et la vitalité économique du territoire sur l’un des principaux pôles d’animation métropolitaine, doté d’un COS très bas de 0,65%. Cette tour de 150 m, répondant aussi à une mixité fonctionnelle verticale, véhiculera une de modernité et de dynamisme confortant le rayonnement de Paris à l’international. Implantée parallèlement à la rue Ernest Renan, cette construction et les aménagements de voirie qui l’accompagneront, réaliseront un trait d’union entre la banlieue et Paris, entre Issy-les-Moulineaux et le 15ème. Les communes de Vanves et d’Issy-les-Moulineaux devront également être consultées.
Au lieu de la confusion actuelle sera engagée une nouvelle et monumentale porte d’entrée dans Paris, de surcroît particulièrement bien desservie par la connexion des tramways T3 et T2 reliant la Défense en 20 minutes et formant un noeud intermodal dense, avec les lignes 8 et 12 du métro. Unibail-Rodamco devra s’engager à accepter un certain nombre de conditions et en premier lieu, répondre aux prescriptions énergétiques du Plan Climat. [[[Le taux de consommation énergétique devra tendre au moins vers les 70 kWh/m2, contre 300 kWh/m2 pour les anciennes tours. La requalification de l’espace public et l’implantation d’équipements publics devront être envisagés avec, par exemple, la création d’espaces verts et l’ouverture d’une crèche. L’écoute des riverains permettra sans doute de porter encore d’autres projets. J’ai confiance pour ma part dans le professionnalisme d’Unibail-Rodamco pour la construction d’un équipement qui réponde à toutes les conditions respecte le Plan Climat et même, osons ce défi, qui embellisse notre ville. Car, finalement, c’est bien de cela dont il s’agit, tout en donnant un nouveau souffle à ce quartier et une image de modernité et de qualité urbanistique pour le 15ème tout entier. Pour conclure, et parce que les nouveaux projets doivent absolument être accompagnés par une rénovation de l’existant vieillissant, avec mes collègues du 15ème, dont Jean-François Lamour, Claire de Clermont-Tonnerre et Alain Destrem, nous demandons :
- Que soit élaboré un programme pluriannuel de rénovation et de requalification des abords des grands ensembles Frères Voisin, Périchaux, Sablonnière, et Bargue-Falguière ; et que des crédits d’études soient inscrits dès le budget 2009.
Enfin pour compléter votre démarche de concertation de la population nous demandons :
- Que le Maire de Paris mette à la disposition de l’arrondissement les moyens humains et matériels pour créer l’atelier local d’urbanisme du 15ème et en assurer le bon fonctionnement ».
Philippe GOUJON
10 juillet 2008
Nicolas SARKOZY à Pékin : pour ou contre ?

Il n’est pas de décision facile à prendre lorsqu’on s’appelle Nicolas SARKOZY, et qu’on a l’assurance d’être critiqué quelles que soient ses positions. Celle de participer, ou non, à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin a, semble-t-il, fait hésiter le Président. BUSH ira, mais pas MERKEL. Le Président Français aurait peut-être du décliner l’invitation... mais le Président de l’Union européenne le pouvait-il ? Nicolas SARKOZY étant l’un et l’autre, on comprend son dilemme.
Le Chef de l’État a finalement tranché la question, « avec l’accord de tous les états membres de l’Union européenne ». Il assistera à la cérémonie d’ouverture des JO. « Je ne pense pas qu’on puisse boycotter un quart de l’humanité » s’est expliqué Nicolas SARKOZY, rappelant son attachement au respect des peuples et le risque d’une montée d’un nationalisme chinois relayé par 1,32 milliards d’hommes et de femmes.
Le Président de la République a souhaité mettre le « dialogue » au cœur de sa présence aux JO. Reconnaissant que la Chine évolue, comme le montre l’amélioration de ses relations avec Taïwan, il a également souligné le danger d’un isolement de la Chine sur la scène internationale. « On a besoin de la Chine pour mettre un terme au scandale du Darfour », a-t-il par exemple expliqué, indiquant en outre que le soutien chinois était capital pour « empêcher l’Iran de se doter de la bombe nucléaire ».
« J’ai choisi le dialogue, la franchise et le courage », conclue Nicolas SARKOZY. Nul doute que la presse et l’opposition ne verront pas les choses sous cet angle.
Louis BAPTISTE








